L’interdiction de la fessée : le cas de la Suède

L’interdiction de la fessée : le cas de la Suède

Fessée, gifle, claquement, pincement, arrachage de cheveux, fouet etc Les châtiments corporels sont interdits en Suède et ce depuis le 15 mars 1979.

Retour sur cette loi qui a changé la société suédoise

Jusque dans les années 60, neuf enfants sur dix subissaient la fessée à la maison. Mais de plus en plus de parents se sont volontairement abstenus d’utiliser les châtiments corporels et ils ont été interdits dans le système éducatif en 1958. C’était une première mondiale à l’époque!

La Suède n’a jamais céssé d’être avant-gardiste sur la question et c’est dans le cours des années 70 que le débat de la maltraitance des enfants est devenu important. Un pédiatre à l’époque et professeur de la santé publique, Mr Jansson éxpliquait que les attitudes avaient déjà changé avant même l’entrée en vigueur de la nouvelle loi:

Il explique «Lorsque le Parlement a voté sur la question en 1979, les deux tiers des parents étaient déjà en faveur d’une injonction légale.»

Et ceci n’a fait que progresser car dans les années 80, il y a eu seulement 1/3 des enfants a avoir été fessés, et dans les années 1990, ce nombre est tombé à 1/5, toujours selon le pédiatre. Ses résultats ont été publié dans la prestigieuse revue médicale The Lancet.

Mon expérience sur la question

Lorsque je suis arrivée en Suède, je ne savais pas que la fessée était très mal vu et que lever la main sur son enfant était passible d’une amende. Je me souviens d’un fait qui m’a marqué en 2014 je crois. Il s’agissait d’un politicien italien qui avait frappé son enfant pendant ses vacances en famille à Stockholm. Ca avai fait le tour des médias. Finalement, le père a été reconnu coupable d’agression et a dû payer 30 amendes quotidiennes de 220 SEK ce qui équivaut à 20 euros par jours. L’homme avait été arrêté par la police après avoir été dénoncé par plusieurs témoins qui auraient vu l’homme soulever le garçon par les cheveux. L’arrestation avait été un gros débat en Italie car les châtiments corporels ne sont pas interdit en Italie.

Du coup, avant d’aller en Suède, c’est à dire vers 2011, lorsque je n’avais pas encore réfléchis à la question, il me semblait évident qu’une ”claque n’a jamais tué personne”, la fameuse phrase que les anciens disent. Mais après mon expérience suédoise, je peux vous dire que je suis choquée d’entendre ou voir un adulte crier et frapper son enfant. C’est pour moi insoutenable et depuis que j’ai une fille, je ne veux surtout pas devenir menaçante pour me faire respecter. Je pense surtout que l’éducation passe par la communication et que si l’on explique bien les choses, l’enfant n’est pas stupide, il comprend ce qui est bien ou mal. Par ailleurs, je ne suis pas contre la punition si elle est bien utilisée car l’enfant a aussi et surtout besoin d’un cadre éducatif.

Ce qu’il en est en Europe

Les voisins de la Suède, la Finlande et la Norvège, ont promulgué des lois similaires en 1983 et 1987. Puis, l’Autriche a suivi en 1989. Et le rythme s’est accéléré et, en 2019, 54 pays au total ont interdit tous les châtiments corporels infligés aux enfants.

En d’autres termes, ce qui était largement considéré comme une initiative radicale et très suédoise dans les années 1970 est devenu une norme officielle dans plus de 50 des 203 pays du monde et dans au moins 56 autres pays, les gouvernements se sont engagés à réformer la législation. En France, la loi anti-fessée a été définitivement voté en 2019 soit 40 ans après la loi anti-fessée suédoise.

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